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astéroïde ou planétoïde ou petite planète

Jusqu’à ce jour, la discussion sur la limite entre une planète et un astéroïde n’est pas close. La plupart des astronomes consentent à ce que le diamètre d’un astéroïde ne surmonte pas quelques centaines de kilomètres, mais dans le cas de Cérès - la plus grande parmi les petites planètes et, en même temps, la première à avoir été trouvée -, de Pluton ou depuis peu même de Mercure, les scientifiques ne réussirent toujours pas à se mettre d’accord.

Avec la découverte du premier astéroïde en 1801, la question soulevée par la loi de Titius-Bode trouva enfin une réponse. Ce fut effectivement une sorte de “trou” mathématique entre Mars et Jupiter, surgi lors d’une analyse des distances entre les planètes de notre système solaire, qui mit Johann Elert Bode et son équipe de “chasseurs aux planètes” sur la piste de Cérès et de la ceinture principale des astéroïdes.

Mais malgré tous les efforts, Pallas, le deuxième astéroïde, ne se manifesta qu'en 1802. Cette fois-ci, ce fut un astronome allemand, Heinrich Wilhelm Olbers, qui trouva ce corps si convoité par ses contemporains. Cinq ans plus tard, lors de sa découverte du numéro 4, Vesta, Olbers devrait faire une deuxième apparition dans la presse scientifique de son époque. Entre-temps, deux ans après que Pallas s'était fait connaître, un autre Allemand, Karl Ludwig Harding, était tombé sur Junon, le troisième habitant de la ceinture entre Mars et Jupiter. Avec Vesta, pourtant, la série des "coups heureux" semblait terminée. Au cours de trente-huit ans, aucune nouvelle petite planète ne se montrait plus dans les lunettes des astronomes. Bien que, obstinés, les "chasseurs aux planètes" aient poursuivi leurs recherches encore pendant huit ans, ils n'avaient pas le moindre succès. Finalement ils renoncèrent, et seul un amateur, Karl Ludwig Hencke, restait encore fidèle à la cause - jusqu'à ce que, quinze ans plus tard, son zèle fût enfin récompensé...

Avec Max Wolf et l’apparition des méthodes photographiques en 1891, la quête des petites planètes vécut une nouvelle poussée. A lui seul, Wolf découvrit une quarantaine de ces objets si ardemment recherchés et en 1906, il fut le premier à tomber sur Achille, qui, plus tard, reçut le numéro 588 et devint le prototype de la catégorie des Troyens. Il fallait attendre 1999 et l’enregistrement de 1999 RM11 pour savoir que, effectivement, le premier astéroïde de cette catégorie rare avait déjà été trouvé deux ans auparavant, en 1904, par Edward Emerson Barnard, à l’époque directeur de l’observatoire de Yerkes.

Lorsque, en 1930, Pluton entra sur scène, il détourna les esprits des planétologues pendant quelque temps, mais déjà en 1932, les astéroïdes apparurent de nouveau sur la une des actualités de l’astronomie. La découverte de l’astéroïde numéro 1862, nommé Apollo, et, dans la même année, celle de 1221 Amor, révélèrent que ces petits corps n’orbitaient pas uniquement entre Mars et Jupiter, mais aussi très près de la Terre. Le groupe des EGA (Earth-Grazing Asteroids), de ces “frôleurs de Terre” dont les orbites peuvent couper celle de notre planète et dont certains - découverts plus tard - passent leur vie même à l’intérieur de l’orbite terrestre, avait fait son entrée dans les manuels de la science.

La crainte d’une collision entre un tel corps et notre Terre avait commencé à s’exprimer dans la littérature dès que le premier “Earth-Grazer” fut identifié. Mais elle devint plus concrète avec l’apparition de 1998 KY26 en mai 1998 qui fut soupçonné de suivre une orbite l’approchant jusqu’à 805.000 kilomètres de notre planète - de s’apprêter alors à passer à un point situé à une distance à peine deux fois plus longue que celle qui, à l’apogée, nous sépare de notre Lune. L’astéroïde 3753 ou 1986 TO qui, en 1998, fut baptisé Cruithne, par contre, a la réputation d’être moins dangereux. Il est considéré comme un deuxième “compagnon” de notre planète qui restera fidèle au système Terre-Lune encore des milliers d’années.

En 1999, la liste du “Harvard-Smithsonien Center of Astrophysics” répertoriant les astéroïdes qui, éventuellement, devraient être considérés comme dangereux - les PHAs (Potencially Hazardous Asteroids) - avait atteint 200 enregistrements. Ainsi, confronté à un nombre de plus en plus important de “frôleurs de Terre”, l’Union astronomique créa en juin 1999 l’échelle de Turin qui définit les risques de notre planète d’être “bousculée” par les divers petits corps.

Tout comme Cérès, Pluton avait lui aussi apporté la solution d’un problème posé par un “défaut” - ce fut au moins ce que l’on pensa à la première vue. Déjà en 1915, Percival Lowell, le créateur du fameux observatoire du même nom à Flagstaff, Massachusetts, avait expliqué que des perturbations dans les orbites d’Uranus et de Neptune prouveraient la présence d’une planète géante jusqu’alors inconnue aux bords extrêmes du Système solaire. Mais déjà peu après sa découverte quinze ans plus tard, les premières voix se furent entendre proclamant que Pluton ressemblerait plutôt à un astéroïde qu’à une planète. Et lorsqu’en 1978 le “surgissement” de son satellite Charon prouva que ce ne serait certainement pas Pluton qui livrerait la masse réclamée par Lowell, on se rappela l’astrophysicien Gérard Pieter Kuiper qui, après avoir pris des mesures de la planète en 1950, avait annoncé l’existence d’une deuxième ceinture d’astéroïdes, située plus ou moins à la même distance du Soleil que la planète si chère à l’observatoire de Flagstaff. Toutefois, ce ne fut qu’en 1992 que les premiers objets de la ceinture de Kuiper se montrèrent enfin dans les télescopes.

La ceinture prédite par Kuiper ne devrait pourtant pas rester la dernière que l'on découvrirait dans notre système solaire. C'est que depuis peu, les astronomes parlent de deux nouvelles ceintures dont la plus proche tournerait autour de l'orbite terrestre alors que la deuxième se tiendrait à la hauteur de Mercure. Une zone de stabilité orbitale fut aussi identifiée entre Neptune et Uranus dont les particularités ressemblent fortement au caractère de la région de Pluton et de ses compagnons.

Tandis qu’en 1891, grâce à Wolf et les facultés de l’astrophotographie, le nombre des astéroïdes nouvellement découverts était très vite monté jusqu’à dix par année - un chiffre sensationnel pour l’époque - et qu’en 1906, on avait déjà atteint les cent par année, une mission de recherche entamée par l’observatoire du Mont Palomar en 1975 fit augmenter à un millier le nombre des trouvailles annuelles. Ce fut dans le cadre de cette mission que l’Américaine Helin tomba sur 2062 Aten, le prototype des petits corps qui s’aventurent pour la plupart du temps à l’intérieur de l’orbite terrestre. - L’année 1996 fut finalement la première à apporter une “récolte” de 10.000 petites planètes inconnues à ce jour. Mais tous ces succès ont l’air maigres face aux 30.000 astéroïdes que le nouveau télescope LINEAR (Lincoln Near-Earth Asteroid Research) trouva en 1998, l’année de son installation. En 1999, il fut remplacé par LINEAR 2.

Avec le nombre des astéroïdes augmentait aussi celui des informations que les astronomes réussirent à obtenir. Bien que l’on eût longtemps cru que ces petits corps ne seraient que de roches nues, on comprit enfin que leur composition était aussi diverse que celle des planètes. Mathilde, le numéro 253, dont la première photo fut prise en juin 1997 par la sonde NEAR (New Earth Asteroid Rendezvous) est un des objets qui arrivèrent encore à surprendre les astronomes : en étudiant les images de cinq points d’impact, on s’aperçut que sa structure doit être d’une porosité extrême - les estimations vont jusqu’à 50 pour cent - et que, par conséquent, le prétendu petit rocher ressemble plutôt à une éponge. Cette information ne fut amusante qu’à première vue. Rapidement, on se rendit compte qu’un tel astéroïde serait plus dangereux et, surtout, plus difficile à détourner s’il s’approchait de la Terre. Mais elle donne surtout une nouvelle impulsion aux théories de la formation des planètes. Après Mathilde, les experts n’excluent plus la possibilité que, à l’époque, les membres les plus gros du Système solaire auraient eu une structure similaire...

1998 KY26 porta encore une autre surprise. Il ne se “contenta” évidemment pas de s’approcher de la Terre d’une manière qui, partout dans le monde, le fit apparaître sur la une des journaux, il semble qu’il établit également un nouveau record : sa vitesse de rotation se limite à 10,2 minutes et fait de lui l’objet qui tourne plus rapidement que tous les autres corps connus à l'intérieur du Système solaire. Selon un membre de l’équipe de l’université d’Arizona qui, en 1998, découvrit cet astéroïde étrange, ses “habitants” y pourraient observer des levers ou couchers de Soleil dans un rythme de cinq minutes. Toutefois, ils n’en profiteraient pas longtemps : ces spectacles ne dureraient jamais qu’une seule seconde.

Déjà vers la fin des années 1970, des astronomes amateurs avaient commencé à défendre une hypothèse selon laquelle non seulement les planètes, mais aussi certains astéroïdes posséderaient des lunes. Mais à l’époque, les experts restèrent sceptiques. Accepter une telle éventualité aurait eu pour conséquence de perturber de nouveau la théorie fragile de la limite entre les planètes et les astéroïdes. Avec 243 Ida en 1993, 1994 AW1 un an plus tard et, enfin, 1991 VH et 3671 Dionysus dont les satellites ne furent découverts qu’en 1997, l’hypothèse se transforma finalement en réalité. Depuis 1998, on soupçonne aussi un autre “Earth-Gazer”, 1996 FG3, de faire partie des astéroïdes binaires, mais l’idée ne sera vérifiée qu’en 2009, lorsqu’il s’approchera de nouveau de la Terre.

Un projet récemment entamé par l’observatoire du Mauna Kea, qui examinera quelque 200 astéroïdes dans l’espoir de découvrir de compagnons éventuels, porta ses premiers fruits déjà au cours de la première nuit : on tomba sur une lune de 13 kilomètres de diamètre en orbite autour de 45 Eugenia. Les 25 objets visés ensuite semblent pourtant dépourvus de partenaires.

L’examen de trois grands cratères d’impact terrestres renforça encore la théorie des astéroïdes binaires : leur aspect prouve que ce ne fut pas un objet isolé qui avait heurté notre planète, mais une sorte de corps double dont les deux composants avaient frappé simultanément. Des empreintes similaires furent aperçues sur la Lune et nos voisines Vénus et Mars.

Bien que, au cours des dernières années, la liste des astéroïdes soit devenue de plus en plus longue - déjà le 2 mars 1999, la place 10.000 fut accordé à 1951 SY tandis que 1969 TM1 reçut le numéro 10.001 -, les petites planètes qui possèdent un nom sont relativement rares. Avant que le Minor Planet Center donne à un corps le droit d’être baptisé, il est nécessaire que chaque détail de son orbite soit connu et, finalement, enregistré dans l’ordinateur de l’institut.

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astéroïde 951 Gaspra
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