Lorsque, en 1966, l’astronome Sydney van den Bergh scruta le ciel dans le cadre d’un programme de l’observatoire du mont Palomar, son objectif était la recherche d’étoiles situées dans le voisinage immédiat de nuages de poussière. Jusqu’alors, les moyens techniques de l’astronomie n’étaient pas en mesure de visualiser ces astres cachés derrière la matière interstellaire. Van den Bergh, pourtant, partit du principe que ces nuages pourraient prendre le rôle d’un écran de réflexion, dans lequel la lumière des étoiles proches d’eux apparaîtrait d'une manière diffuse, en forme d’une image comparable à une sorte de “nébuleuses”. Au cours de ses travaux, il remarqua des groupes d’étoiles encore très jeunes - des “associations” - qui se distinguaient des associations O-B ou T déjà connues par leurs masses plutôt intermédiaires d’entre trois et dix masses solaires. Mais il n’est pas impossible que quelques membres de ces groupes, finalement baptisés les “associations R”, se contentent aussi de masses moins importantes encore. Toutefois, leur lumière serait trop faible pour produire des réflexions sur l’écran des nuages - les petites étoiles resteraient alors invisibles jusqu’au jour où d’autres méthodes de détection seraient employées. Bien que l’origine de ces associations ne soit pas encore bien claire, il n’est pas exclu que ce fût une explosion de Supernova qui ait lancé le processus de leur formation. L'association Canis Major R1, située près de Sirius, la fameuse alpha du Grand Chien, se trouve effectivement au bord d’un énorme nuage de gaz probablement issu de l’explosion d'une étoile de très grande masse. La situation de Monoceros R1 - habitante de la Licorne, une constellation voisine du Grand Chien - dont l’aspect et l’âge des étoiles ressemblent fortement à celles de l’association R de Canis Major, semblent confirmer la théorie.
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