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actualités décembre 1999

Découverte d’un “nouveau” vieil astéroïde

Il peut arriver qu’on soit obligé à rectifier les livres d’histoire. Dans l’astronomie, par contre, où chaque jour porte de nouvelles connaissances, une telle rectification est monnaie courante. Ce qui n’empêche pas les astronomes d’en avoir le souffle coupé...
Cette fois-ci, ce fut un ordinateur qui révéla la nouvelle : l’
astéroïde récemment découvert et baptisé 1999 RM11, un membre de la petite famille des Troyens, est déjà une ancienne connaissance. Plus ancienne, en vérité, que la découverte du premier membre de sa famille. Jusqu’à ce jour, on croyait effectivement que Max Wolf, l’homme à l’appareil photographique, aurait été le premier à trouver en 1906 une petite planète de la classe qui, plus tard, reçut le nom de “Troyens”. Sa découverte, Achilles ou, plus prosaïque, numéro 588, devrait devenir leur prototype.
Maintenant, l’ordinateur du Minor Planet Center l’a privé de l’honneur d’avoir été le premier. Lorsqu’on lui confia les dates de 1999 RM11, il répondit que cet objet céleste ne lui serait pas inconnu du tout. En analysant son orbite, il se rendit compte qu’elle ressemblait à celle d’un astéroïde enregistré en 1996, nommé 1996 HJ66, et encore à celle de 1978 VH6 et même...
Ce fut en 1994, deux ans avant la découverte d’Achilles, qu’Edward Emerson Barnard, le fameux “chasseur de comètes” tomba sur un objet que personne n’arriva à classer. Un phénomène, décida-t-on à l’époque, un objet simplement curieux, qui, dans le télescope de l’observatoire de Yerkes, n’était rien qu’un petit point faible, qui ne bougeait que lentement et qui, finalement, n’avait rien de commun avec le corps ardemment recherché par l’astronome : avec Phoebé, la neuvième lune de Saturne, déjà découverte en 1898 et reperdue au cours de sa longue période de révolution sidérale. Personne ne fut donc étonné que le nouvel objet disparaisse bientôt dans le gouffre de l’oubli et, enfin, dans celui de l’ordinateur du Minor Planet Center. Lequel, de sa part, n’hésita pas de le ressortir pour annoncer que ce fut juste ce même objet qui, récemment, reçut le nom de 1999 RM11.
30/12/1999
© Anaconda-//, 1999
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Livre au sujet : Astéroïdes, Météorïdes et Poussières interplanétaires



Solstice d’hiver sur Mars

S’il y avait des habitants sur Mars, eux aussi auraient droit à leur fête de solstice. Et actuellement, ils seraient en pleine préparation : le 25 décembre, la planète rouge sera arrivée à son aphélie et 249 millions de kilomètres le sépareront du Soleil. C’est donc seulement trois jours plus tard que chez nous que, cette année-ci, commence l’hiver dans l’hémisphère Nord de la planète rouge.
Tandis qu’avec 24 heures, 37 minutes et 27 secondes la longueur des jours sur Mars - ou des “sols” - correspond à peu près à celle des nôtres, l’année y compte 670 sols ou 687 jours terrestres. Ce qui n’empêche pas ses saisons d’être plus ou moins aussi prononcées que sur notre planète. Il est vrai que la température martienne est déjà en moyenne largement en dessous de celle qui règne sur Terre (-56°C sur Mars contre 14°C chez nous), mais au cours de l’hiver, elle bat tous les records terrestres : un thermomètre installé dans les régions polaires y descendrait jusqu’à -130°C. Un Martien aurait pourtant l’habitude des grosses différences. Car au contraire de la Terre, où une atmosphère bien “robuste” nous protège des variations trop fortes, l’atmosphère très tenue de Mars condamne la planète à subir des chutes de température de jusqu’à 80 à 100°C déjà lorsque notre étoile du jour commune disparaît derrière l’horizon. En hiver, le froid est encore pire. Le Soleil se montre à peine aux pôles - tout comme sur Terre dont l’inclinaison de l’équateur sur l’orbite est à peu près pareille à celle de Mars, c’est-à-dire d’environ 24 degrés - et la température y descend à tel point que le gaz carbonique de l’atmosphère se condense et, presque comme chez nous, il commence à neiger. Les calottes polaires, reculées pendant l’été, croissent de plus en plus. Au plus profond de l’hiver, celle du Nord atteint souvent la cinquantième parallèle. Cependant, ce n’est encore rien comparé au froid d’un hiver dans l’hémisphère Sud. Ici, il gèle si fortement que la calotte polaire peut toucher la quarantième parallèle et ne disparaît jamais entièrement. - Mais les mois prochains, les “Martiens du Sud” auraient de toute manière le droit de respirer : le plus grand froid sera réservé au Nord, et les fameuses tempêtes de poussière qui obscurcissent le ciel pendant l’hiver austral retiendront leur souffle jusqu’au solstice d’été...
22/12/1999
© Anaconda-//, 1999
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Livre au sujet : La planète Mars - étude basée sur les résultats obtenus

Le berceau des géantes

Sans doute, il n’est pas facile à décider, à quelle distance de leur soleil les grosses planètes se forment. Ce fut en 1995, lors de la découverte de 51 Peg B - la première exoplanète -, que les scientifiques commencèrent à méditer sur la théorie en vogue. Jusqu’à ce jour, on partait du principe que le vent solaire repousse la matière gazeuse relativement loin de l’étoile mère. Seules les planètes qui se développent au-delà du voisinage immédiat de leur soleil pourraient par conséquent accumuler assez de masse pour devenir des géantes telles que Jupiter ou Saturne. La grosse habitante de la constellation du Pégase, toutefois, tourne autour de son étoile à une distance encore plus courte que celle qui sépare notre petit Mercure du Soleil.
Faute d’autre explication, les chercheurs construisirent donc une nouvelle hypothèse, selon laquelle les planètes géantes se formeraient effectivement dans les banlieues de leurs systèmes solaires. Mais au contraire de l’ancienne théorie, la nouvelle proposa que les monstres gazeux aient plus tard quitté leur berceau pour se rapprocher de leur étoile. Comme moyen de transport, les planétologues plaident pour une sorte d’onde en forme de spirale ou - modèle plus suivi - le mécanisme de la viscosité. Dans le deuxième cas, seule la densité du disque de gaz et poussières dans lequel le nouveau système est créé serait capable de s’opposer à la force de marée, le moteur du mécanisme, et de freiner la course fatale vers le soleil.
Depuis peu, pourtant, l’ancienne théorie, selon laquelle une planète géante qui se met en mouvement aurait plutôt tendance à se déplacer en direction de la limite extérieure du système solaire au lieu de voyager vers son soleil, semble regagner du terrain. Toujours est-il qu’une équipe de chercheurs paraît persuadée que les deux monstres moins gros de notre système solaire se seraient formés dans le voisinage direct de leurs grands frères Jupiter et Saturne, dans une zone située entre cinq et neuf unités astronomiques du Soleil. Tout comme les deux planètes les plus massives du Système, aussi Uranus et Neptune auraient commencé leur vie avec rien qu’un noyau rocheux. Mais Jupiter et Saturne, plus rapides à défier la gravitation, auraient réussi à ramasser plus de substance gazeuse que leurs petits frères. Finalement, la matière première plus ou moins épuisée, les membres les plus faibles du groupe auraient été repoussés vers des contrées moins recherchées, plus loin du Soleil.
14/12/1999

© Anaconda-//, 1999
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revised: December 30, 1999
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