
Petite sonde lancée le 6 janvier 1998 par la NASA en
collaboration avec le Space Studies Institute (SSI) de Princeton, New
Jersey, qui, depuis le 11 janvier, orbite autour de notre satellite à une
altitude de 100 kilomètres au-dessus de la surface lunaire. Sa
mission principale consiste en la recherche de glace
d’eau dans le
régolite au
fond des cratères situés près des pôles.
Equipée d’un spectromètre de neutrons, la sonde qui ne
pèse que 295 kg est capable de détecter les neutrons
éjectés au moment des collisions entre les rayons
cosmiques et les atomes du sol lunaire et de les analyser.
Grâce à ce système, les premiers résultats
de la mission ont déjà pu être publiés le
5 mars, juste deux mois après le lancement du projet : dans
une profondeur de jusqu’à 0,5 mètres, le
régolite lunaire près des pôles pourrait contenir
une quantité de glace d’eau qui, en tout, correspondrait
à 10 à 300 millions de tonnes. Toutefois, cette
conclusion est encore à vérifier. Un deuxième
spectromètre, spécialisé dans l’analyse du
rayonnement gamma, qui fait également partie de
l’équipement de Lunar Prospector, devrait au cours de
l’année suivant le lancement examiner la composition
générale de la croûte du satellite, un
troisième est destiné à la découverte de
gaz radioactifs. Un magnétomètre ainsi qu’un
réflectomètre d’électrons ont été
installés à bord pour établir une carte du champ
magnétique lunaire.
Conçu par le SSI déjà au début des
années 1980, le projet de Lunar Prospector voué
à une tâche relativement modeste a d’abord
été refusé par la NASA. A cette époque,
celle-ci s’était lancée dans la préparation de
la mission du Lunar Polar Orbiter, une entreprise d’une ampleur
beaucoup plus importante, censée coûter des billions de
dollars, dont l’idée était l’accomplissement d’une
multitude de recherches sur la structure et le milieu ambiant de la
Lune, le prélèvement systématique
d’échantillons des roches inclu. Pourtant, au début des
années 1990, faute de financement, les deux projets se sont
avérés irréalisables. En 1995, par contre, mise
définitivement devant le fait que sa mission ambitieuse
était parmi les victimes de son budget limité, la NASA
recommençait à s’intéresser à des projets
moins prétentieux. Vu que Lunar Prospector était
exécutable moyennant la modique somme de 63 millions de
dollars, elle a finalement décidé sa
réalisation.
Actuellement, il est prévu que la sonde reste encore
jusqu’à fin 1998 ou début 1999 sur son orbite de 100 km
au-dessus du sol lunaire, pour ensuite descendre et tourner à
10 km d’altitude où elle prendrait des mesures de plus haute
résolution. Elle se tiendrait sur cette orbite pendant
quelques mois, jusqu’à l’épuisement de ses
réserves de combustible.
