Le phénomène de la précession dû à la force de marée exercée sur le bourrelet équatorial par le couple Lune-Soleil se transmet à l’axe de rotation terrestre de la manière qu’il l’incite à décrire une espèce de cercle ou, plus exactement, de spirale dont la périodicité correspond à quelque 25.760 ans. Or, l’influence de la Lune sur la Terre est loin d’être uniforme : elle varie selon la position que notre satellite occupe sur son orbite. Tout dépend effectivement de la distance angulaire entre la Lune et l’équateur. Au moment où la position du noeud ascendant de l'orbite lunaire est proche ou identique à celle du point vernal, la distance est à son minimum, ce qui signifie qu’également la force du satellite agissant sur le bourrelet équatorial est à son point le plus faible. Le contraire arrive lorsque la position du noeud descendant correspond à celle du point vernal. La période de cette variation de la force de gravitation lunaire, appelée nutation, égale celle de la ligne des noeuds qui, pour retrouver une position antérieure par rapport aux astres, doit attendre 18,61 ans.
Le mouvement circulaire plutôt théorique de l’axe terrestre se transforme par conséquent en une sorte de balancement où l’axe oscille périodiquement autour du cercle théorique dicté par la précession. Cette perturbation supplémentaire se traduit également sur l’obliquité de l’écliptique ainsi que sur les positions des pôles célestes et du point vernal qui, si on ne tient en compte que l’action de la précession, s’expriment en forme de valeurs moyennes tandis que, dès qu’on y ajoute le trouble provoqué par la nutation, elles atteignent leurs valeurs vraies.
