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Near Earth Asteroid Rendezvous (NEAR)

Bien que la petite sonde NEAR (Near Earth Asteroid Rendezvous), dont la base ne couvre que 1,7 mètre carré, ne soit pas considérée comme un projet très important, les astronomes attendent d’elle un nombre appréciable d’informations nouvelles sur les origines de notre système solaire. C’est que l’on part toujours du principe que la matière dont consistent les astéroïdes pourrait donner des indications sur la nature des substances qui, à l’origine, avaient façonné nos planètes. Ainsi, le 17 février 1996 - le jour de son lancement - il était prévu que, après un voyage de 35 mois, la sonde entrerait en orbite autour d’un astéroïde pour, pendant une année, le regarder de près et rassembler un maximum de données sur la composition de sa surface et ses propriétés physiques. Joseph Veverka et son équipe espérèrent que, avec ces connaissances, ils avanceraient d’un pas dans leurs théories sur l’origine et la nature des météorites, mais qu’ils s’approcheraient aussi un peu plus de la vérité sur les relations entre les astéroïdes, les comètes et les météorites. De cette manière, ils auraient peut-être une chance de découvrir un moyen sûr de détourner de la Terre le danger d’une collision éventuelle.

Toutefois, non seulement l’objectif scientifique de la mission pourrait apporter des aspects nouveaux, elle est innovatrice aussi au niveau technique. Pour la première fois dans l’histoire de la conquête spatiale, une sonde prendrait la position d’un satellite en orbite autour d’un astéroïde. Une autre “primeur” de la technologie est l’emploi d’énergie solaire dans une région en dehors de l’orbite de Mars : la sonde dispose de quatre panneaux solaires qui, chemin faisant, produisent 1800 watts par unité astronomique. Lors de la panne qui, le 23 décembre 1998, mit en danger le succès du projet, l’avantage de cette technique devint évidente : la capacité de la sonde de renouveler son énergie la rendit capable de poursuivre sa mission malgré de fortes pertes de carburant. Une batterie, construite pour NEAR par les techniciens de l’Université de Johns Hopkins, consistant entièrement en polymère, une sorte de plastic très maniable, aurait, selon ses inventeurs, le mérite d’être libre de tout élément toxique. Le 12 novembre 1996, quelque neuf mois après le lancement de la sonde, cette batterie gagna le prix de la “meilleure innovation” offert par un magazine de science populaire aux Etats-Unis.
NEAR est la première mission d’une longue série de projets organisés par la NASA dans le cadre de son programme “Discovery”. L’idée de ce programme, imposé à l’origine par une restriction budgétaire très sérieuse, base sur l’obligation de travailler plus vite, plus efficacement et, surtout, moins cher. Selon sa conception, le temps de planification et de construction d’une sonde ne devrait plus dépasser un délai de trois ans, et ses frais sont définitivement limités à 150 millions de dollars. Les constructeurs de NEAR réussirent à se tenir à ces conditions : le budget n’atteignit même pas 112 millions de dollars, et la phase de préparation était terminée après à peine 26 mois.
Les principes du programme “Discovery” impliquent automatiquement une certaine “simplicité” de la construction. Les six instruments que la sonde emporta avec elle ainsi que son antenne de 1,5 mètre sont fixes. Les quatre panneaux solaires sont les seules pièces à déployer. Après les problèmes qui, encore récemment, furent posés par d’autres constructions plus compliquées, ce système permet de fonctionner plus efficacement.
Pour atteindre l’objectif scientifique de la mission, les responsables choisirent une cible qui appartient au groupe des EGA. Au contraire des astéroïdes situés entre Mars et Jupiter, ces “Earth grazers” seraient en effet des comètes “mortes” ou des fragments de corps issus de la ceinture principale, qui, lors d’une collision, auraient été cassés. Mais déjà quelques jours après la rencontre entre NEAR et Eros, on se rendit compte que cette théorie ne correspond pas forcément à la réalité...
433 Eros, l’élu pour le rendez-vous historique, n’est pas seulement le premier objet du groupe à avoir été découvert, il a aussi l’avantage de faire partie des “frôleurs de Terre” les plus grands. Et, autre atout, il ne semble pas posséder de satellite naturel tel que 243 Ida ou 45 Eugenia. C’est que NEAR n’aurait probablement aucune chance de “survivre” une collision avec une lune en orbite autour d’Eros.
Une autre innovation imposée à la NASA par la conception de son “Discovery” est l’emploi d’une équipe extérieure. La sonde fut construite par les techniciens du “Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory” (JHU/APL) à Laurel, Mississippi, et c’est ici que le déroulement de la mission est surveillé.
L’équipement scientifique de NEAR qui, en tout, ne pèse que 805 kg, ne peut certainement pas être comparé à celui des projets plus coûteux et importants, mais il fut choisi dans l’idée de servir efficacement au but de la mission. Le spectrographe qui fonctionne dans l’infrarouge proche fut employé le 13 février 2000, lorsque la sonde se tint sur la ligne droite entre le Soleil et le pôle Nord d’Eros. Le spectromètre de NEAR est destiné aux rayonnements X et gamma, l'imageur multispectral pourvu d’un détecteur d’image CCD, dont l’utilité fut prouvée le 27 juin 1997, lors du survol de 253 Mathilde, est capable de capter des détails de surface pas plus grands qu’un mètre carré, et un “laser-rangefinder”, un magnétomètre ainsi qu’un “radio science experiment” complètent le chargement scientifique de la sonde.

© Anaconda-//, 2000
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NEAR (vu par un artiste)
Copyright : NASA
http://near.jhuapl.edu/spacecraft/



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