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Pluton

Découverte le 13 mars 1930, la neuvième planète de notre Système solaire ne cessa jamais d’exciter les esprits des astronomes. Sa recherche fut entamée grâce à Percival Lowell, astronome américain, un des défenseurs les plus ardents de l’existence de la fameuse “planète X”. En 1929, son observatoire chargea un jeune amateur de trouver ce corps qui, selon Lowell et ses collègues, perturbait l’orbite neptunienne. Déjà un an après avoir joint son nouveau poste, Clyde Tombaugh eut le plus grand succès de sa vie : presque exactement à l’endroit indiqué par son employeur - à six degrés près - il découvrit un objet inconnu jusqu’à ce jour. A ce moment, sa luminosité était de magnitude 15. Pour le trouver, Tombaugh s’était servi d’un comparateur à clignotement, d’un instrument utilisé déjà par Le Verrier, un astronome français du XIXème siècle, lorsqu’il était à la recherche de Neptune. Plus tard, au cours de ses travaux sur l’orbite probable de sa planète X, Lowell l’avait encore perfectionné.
Mercure et Vénus à part, toutes les planètes du Système solaire sont pourvues de satellites naturels. Tandis que la Terre n’en possède qu’un seul et Mars, sa voisine, deux, un nombre beaucoup plus important de lunes tournent autour des planètes géantes : jusqu’à ce jour, 16 satellites - dont les quatre satellites joviens - furent découverts autour de Jupiter, 18 autour de Saturne, probablement 21 autour d’Uranus et huit autour de Neptune, tandis que Pluton paraît se contenter d’un seul.
A l’époque de sa découverte, Pluton était le seul corps à avoir été trouvé dans la région extérieure du Système solaire. Bien que personne ne pût être sûr qu’il s’agissait vraiment d’une planète, les scientifiques se mirent d’accord d’intégrer le nouveau venu dans le cercle des grands objets. Lowell et sa théorie avaient gagné, et ce ne fut qu’en 1993 qu’un astronome de la NASA, E. Myles Standish, put prouver que l’idée de la planète X n’était née que d’une erreur dans le calcul de la masse neptunienne.
L’estimation de la masse de Pluton n’était pas évidente non plus. Tandis que, au début, on l’avait fixée à plus de dix masses terrestres, chaque nouvelle mesure portait des résultats moins élevés. Et uniquement en 1978, avec la découverte de Charon, la lune de Pluton, la valeur définitive fut calculée. Finalement, elle ne correspondait qu’à environ 1/500 de la masse terrestre.
Non seulement la masse étrangement modeste pour ce genre de corps céleste, mais aussi d’autres traits caractéristiques de Pluton ravivèrent toujours de nouveau la discussion sur la question, si Tombaugh était vraiment tombé sur une planète. La découverte de la ceinture de Kuiper en 1992 mit définitivement en doute le statut de la petite voisine de Neptune : quoiqu’elle fût sans doute plus grande que les autres corps à l’intérieur de cette ceinture, sa position la rendit susceptible d’appartenir à la même classe d’objet. Par conséquent, au lieu de figurer sur la liste des planètes, ne devrait-elle pas plutôt faire partie du catalogue des petits corps, côte à côte avec les astéroïdes ?
En 1980, lors du cinquantième anniversaire de la découverte de Pluton et, encore une fois, en 1998, cette fois-ci au cours du débat autour de la nomination de la petite planète numéro 10.000, la question fut de nouveau posée. Et, bien que, le 3 février 1999, la commission du Minor Planet Center ait décidé de maintenir l’objet de litige dans sa position de planète, le sujet n’est certainement toujours pas clos.
Il est vrai que, avec ses quelque 2.400 kilomètres de diamètre, Pluton est plus grand que Cérès, l'astéroïde le plus large connu, et plus ou moins de la même stature que Triton, le satellite neptunien, mais elle n’arrive pas à la taille de notre Lune et atteint à peine la moitié du diamètre de Mercure, après Pluton la plus petite planète du Système solaire. L’existence de Charon, par contre, et celle d’une sorte d’atmosphère, plaident plutôt en faveur d’un statut planétaire. C’est qu’en 1988, on découvrit que, sur une partie de sa période orbitale, Pluton développe une atmosphère très tenue qui s’étend jusqu’à 1000 kilomètres d’altitude. Elle consiste en vapeur qui se forme lorsque la planète s’approche du Soleil. A son périhélie, à 4,4 billions de kilomètres de notre astre du jour, Pluton est même plus proche du Soleil que Neptune. A son aphélie, à 7,5 billions de kilomètres, où la température de surface monte de -240°C à jusqu’à -215°C, l’atmosphère disparaît et les gaz de nitrogène, d’azote, de méthane, d’oxyde de carbone et d’autres éléments moins dominants se transforment de nouveau en glace. On estime que la glace correspond à 40 pour cent de la masse plutonienne, le reste serait rocher. La densité moyenne se rapproche probablement de deux grammes par centimètre cubique, ce qui correspond approximativement à celle de Triton. La ressemblance des deux corps fit naître une théorie sur l’origine de la neuvième planète, selon laquelle elle aurait fait partie des lunes de Neptune jusqu’à ce que, un jour, elle ait été éjectée de son orbite.
L’orbite extraordinairement elliptique de Pluton procura un autre point litigieux. Jusqu’alors, on avait tendance à exiger qu’une orbite planétaire dispose d’une excentricité relativement proche de zéro - une revendication qui ranima aussi la discussion autour de la classification de certaines exoplanètes. Son itinéraire peu commun mène Pluton à croiser l’orbite de Neptune deux fois au cours de son chemin qui ne dure pas moins de 248 années - sa période de rotation sidérale, par contre, n’est même pas de sept jours. Toutefois, grâce à l’inclinaison sur l’écliptique de son plan orbital qui diffère par 17 degrés de celle de Neptune et à la résonance orbitale - pendant que Neptune tourne trois fois autour du Soleil, Pluton ne termine que deux orbites -, les deux voisines ne risquent jamais d’entrer en collision. A l’intérieur de l’orbite neptunienne depuis 1979, Pluton, en route vers son aphélie, la croisa de nouveau le 11 février 1999. Ce jour, Neptune se trouvait à plus de 380 millions de kilomètres du point d’intersection des deux orbites.


La surface de Pluton, prise par Hubble
Copyright : NASA
http://www.jpl.nasa.gov/galileo




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