S’il y avait des habitants sur Mars, eux aussi auraient droit à leur fête de solstice. Et actuellement, ils
seraient en pleine préparation : le 25 décembre, la planète rouge sera arrivée à son
aphélie et 249 millions de kilomètres le sépareront du
Soleil. C’est donc seulement trois jours plus tard que chez nous que, cette année-ci,
commence l’hiver dans l’hémisphère Nord de la
planète rouge.
Tandis qu’avec 24 heures, 37 minutes et 27 secondes la longueur des jours sur
Mars - ou des “sols” - correspond à peu près à celle des nôtres, l’année y compte
670 sols ou 687 jours terrestres. Ce qui n’empêche pas ses saisons d’être plus ou
moins aussi prononcées que sur notre planète. Il est vrai que la température
martienne est déjà en moyenne largement en dessous de celle qui règne sur Terre
(-56°C sur Mars contre 14°C chez nous), mais au cours de l’hiver, elle bat tous les
records terrestres : un thermomètre installé dans les régions polaires y descendrait
jusqu’à -130°C. Un Martien aurait pourtant l’habitude des grosses différences. Car
au contraire de la Terre, où une atmosphère bien “robuste” nous protège des
variations trop fortes, l’atmosphère très tenue de Mars condamne la planète à subir
des chutes de température de jusqu’à 80 à 100°C déjà lorsque notre étoile du jour
commune disparaît derrière l’horizon. En hiver, le froid est encore pire. Le Soleil
se montre à peine aux pôles - tout comme sur Terre dont l’inclinaison de
l’équateur sur l’
orbite est à peu près pareille à celle de Mars, c’est-à-dire
d’environ 24 degrés - et la température y descend à tel point que le gaz carbonique
de l’atmosphère se condense et, presque comme chez nous, il commence à neiger.
Les calottes polaires, reculées pendant l’été, croissent de plus en plus. Au plus
profond de l’hiver, celle du Nord atteint souvent la cinquantième parallèle.
Cependant, ce n’est encore rien comparé au froid d’un hiver dans l’hémisphère
Sud. Ici, il gèle si fortement que la calotte polaire peut toucher la quarantième
parallèle et ne disparaît jamais entièrement. - Mais les mois prochains, les
“Martiens du Sud” auraient de toute manière le droit de respirer : le plus grand
froid sera réservé au Nord, et les fameuses tempêtes de poussière qui obscurcissent
le ciel pendant l’hiver austral retiendront leur souffle jusqu’au solstice d’été...
22/12/1999
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