Avec la nouvelle année, des boules de feu et de
glace semblent avoir commencé à envahir le ciel. C’est que, le 18 janvier dernier, les quelques habitants de la zone montagneuse entre Carcross, Yukon et Skagway en Alaska eurent une surprise étrange. Un double coup de tonnerre, un sifflement dans l’air, deux larges éclairs verdâtres et une légère odeur de pourriture ne furent que le prélude d’un événement que les témoins décrivirent plus tard comme un immense spectacle lumineux. Le bruit aurait fait trembler les fenêtres et tomber la neige des toits.
Il semble que les montagnards purent observer un des plus grands météores apparus au cours des dix dernières
années. L’objet explosa à une hauteur de 25 kilomètres, et sa longue queue brilla encore 90 minutes après son
passage. Mais les habitants de cette région peu peuplée ne furent pas les seuls à se rendre compte du
phénomène. Les satellites de défense et les instruments censés enregistrer les mouvements sismiques le
détectèrent immédiatement et trois jours plus tard, l’équipe de la NASA était sur place.
La curiosité des scientifiques est compréhensible. Car en 1908, une explosion similaire à celle d’Alaska
avait illuminé le ciel au-dessus de la Sibérie centrale. On estime qu’elle aurait libéré une force comparable à
celle d’une explosion de 20 mégatonnes de TNT et aplati les arbres dans une zone de quelque 65 kilomètres de
diamètre. Mais, curieusement, l’impact n’aurait laissé ni de cratère ni d’autre trace visible sur le terrain. Aux
chercheurs, il ne restait donc que la possibilité d’une simulation dont les résultats confirmèrent une de leurs
théories préférées : selon eux, l’explosion aurait été déclenchée par un
astéroïde du genre
EGA. La simulation révéla qu’une météorite de trois mètres de diamètre qui tombe à une vitesse de quelque 16 km/s devrait effectivement exploser à environ huit kilomètres au-dessus du sol - ce qui fut le cas en Sibérie.
Le nouvel événement offre maintenant une chance inespérée et peut-être unique de découvrir des détails qui, en
1908, avaient échappé aux chercheurs. On sait déjà que l’énergie de la détonation récente équivalut à celle
libérée par une explosion de trois kilotonnes de TNT. Le prochain pas sera l’analyse de la boule de feu qui
servirait à connaître sa composition et, avec un peu de chance, aussi celle de l’objet sibérien. Auparavant,
toutefois, il est nécessaire de ramasser assez de matière de base pour qu’un tel travail soit possible.
L’équipe de la NASA se mit donc à la recherche de morceaux ou, à défaut, de poussières de météorite. Avec un
appareil spécialisé, le “Aerosol Particulate Sampler”, construit pour ramasser des particules à l’intérieur de la
stratosphère, donc à une hauteur d’entre 10 et 50 kilomètres, ils fouillent l’atmosphère à quelque 20 kilomètres
au-dessus de la
Terre pour trouver des débris “perdus” par cet objet jusqu’alors si mystérieux. On espère aussi de découvrir des forêts aux arbres aplatis ou des cratères creusés par des fragments de météorite arrachés au moment de l’explosion.
24/01/2000
La réproduction et la traduction du texte - ou d'une partie du texte - sont interdites par la loi
Pour obtenir régulièrement des e-mails vous informant des
dernières actualités de l'astronomie,
inscrivez-vous ici !