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actualité mars 2000
Gaz rares d’origine extraterrestre
Comment la première molécule de cette matière qui forme la vie atterrit-elle sur la Terre ? D’où, lors de sa création, l’atmosphère terrestre tira-t-elle les gaz dont elle consiste ? - Depuis longtemps, les scientifiques caressent l’idée que les astéroïdes et comètes auraient été impliqués dans le processus de l’apparition du vivant sur notre planète. Maintenant, par contre, il y a des chances que l’idée pourrait se transformer en définition prouvée.
Toujours est-il qu’une équipe de chercheurs de l’université de Hawaii et de la NASA vient de découvrir des traces de gaz rares extraterrestres - et, probablement, même extrasolaires - dans des couches d’argile qui datent de la période de transition du crétacé au tertiaire. Cette époque d’il y a environ 65 millions d’années se distinguait par des changements importants du climat et, événement marquant, l’extinction des dinosaures. Les recherches menaient vers le Danemark, la Nouvelle-Zélande et l’Amérique du Nord, à des endroits où les impacts d’immenses météorites laissèrent leur signature dans la composition des sédiments.
Les gaz que l’on y trouva sont “emboîtés” dans une sorte de capsules auxquelles on avait donné le sobriquet de “Buckyballs”, un nom choisi en l’honneur de Buckminster Fuller, l’homme qui traça le dôme géodésique dont la structure imite presque parfaitement celle de ces capsules. Elles rappellent des cages creuses, chacune formée par un minimum de soixante atomes de carbone. Les premiers exemplaires examinés, découverts lors des analyses de fragments d’Allende, de la fameuse météorite de Mexique tombée en 1969, comprenaient jusqu’à 400 atomes de carbone. Mais le contenu est encore plus intéressant que la cage : les Buckyballs sont remplis de gaz d’hélium, et justement de cette sorte que l’on pense cosmique.
Il est vrai que l’hélium n’est pas un élément extraordinairement inhabituel sur notre planète. Mais généralement, l’isotope dominant de celui qui provient de sources terrestres, du gaz atmosphérique ou des projections volcaniques, est nommé hélium 4, où un atome consiste en deux protons et deux neutrons. La version avec un seul neutron, par contre, se trouve - à un degré de concentration relativement élevé - dans des échantillons d’objets d’origine extraterrestre.
La découverte du gaz d’hélium cosmique n’est pas la première trouvaille dans ces couches de l’ère de transition du crétacé au tertiaire. Dans les mêmes sédiments, les chercheurs étaient déjà tombés sur des traces d’iridium extraterrestre et des minéraux qui - probablement suite au choc d’impact - avaient subi des températures au-dessus de 2000°C et des pressions de quelque 400.000 atmosphères. De cette manière, la nouvelle observation cadre parfaitement avec les résultats antérieurs, et on semble vraiment avoir affaire à des espèces de “boîtes à remonter le temps”. D’après l’équipe, elles pourraient être considérées comme preuve supplémentaire de l’hypothèse selon laquelle les premières molécules organiques seraient arrivées sur Terre à “bord” d’une météorite.
22/03/2000
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